Conseils
Détatouage d’un maquillage permanent : sourcils, lèvres, eye-liner
6 min de lecture
Des sourcils dessinés il y a trois ans et qui ont viré, un trait d’eye-liner devenu trop épais, une lèvre redessinée dans une teinte que vous ne portez plus. La demande est fréquente, et elle arrive presque toujours avec la même surprise : on pensait que cela s’effacerait tout seul. Nous vous expliquons pourquoi ce n’était pas le cas, ce que l’autorité sanitaire écrit exactement sur ces pigments, et les deux ou trois choses à nous signaler avant votre rendez-vous. Le vocabulaire employé par le secteur y est pour beaucoup dans le malentendu.

Ce que vous portez est un tatouage, la définition le dit
Le Haut Conseil de la santé publique range le maquillage permanent parmi les tatouages, et sa définition est précise : une variante du tatouage qui consiste en une injection intradermique d’un produit composé de colorants destinés à souligner les traits du visage.
Deux mots comptent dans cette phrase : injection et intradermique. Le produit n’est pas posé sur la peau, il est déposé dedans, dans le derme. Tout le reste en découle, y compris le fait que son retrait relève exactement du même acte médical que celui d’un tatouage classique.
« Semi-permanent » : un terme que l’avis écarte
Vous avez peut-être choisi votre prestation sous ce nom. L’avis le juge illégitime, et donne sa raison en une ligne : dès qu’on atteint le derme, le pigment persiste.
Ce n’est pas une querelle de vocabulaire. Le mot laissait entendre une disparition programmée, et il a orienté des décisions. Beaucoup de personnes qui consultent aujourd’hui pour un retrait avaient compris qu’il n’y aurait rien à retirer. Savoir que l’autorité sanitaire elle-même récuse le terme aide à comprendre ce qui s’est passé, et à ne pas se croire responsable d’une mauvaise lecture.
Deux dixièmes de millimètre : la profondeur qui explique tout
L’avis va jusqu’à donner le chiffre. Pour qu’un pigment s’atténue vraiment, il faudrait le déposer sur la jonction dermo-épidermique, soit environ à 200 microns de profondeur, et d’une façon harmonieuse. Deux cents microns, ce sont deux dixièmes de millimètre.
La suite de la phrase est la plus importante, et elle est rarement citée : l’avis ajoute que cela semble infaisable. Il faut donc lire ce chiffre correctement. Il décrit la profondeur à laquelle le pigment devrait se trouver pour s’estomper, pas une précision qu’on exigerait de la main d’un praticien. Personne ne travaille au dixième de millimètre près sur un visage, et c’est précisément le constat de la source.
Vous tenez là l’explication de fond. Le pigment est allé plus profond que ce qu’il aurait fallu pour disparaître de lui-même, et il est resté.
Le rouge s’éclaircit tout seul, ce qui brouille la lecture
Une nuance apportée par le même avis mérite d’être connue : les pigments rouges ont tendance à s’éclaircir avec le temps, même lorsqu’ils sont intradermiques.
Cela explique des situations déroutantes. Une lèvre redessinée qui pâlit, un sourcil dont la composante rouge s’en va et laisse un fond froid apparaître. Ce que vous voyez aujourd’hui n’est pas forcément ce qui a été déposé, et le praticien qui vous reçoit tiendra compte de cette évolution. D’où l’intérêt de retrouver, si vous le pouvez, la trace de la prestation d’origine.
Une question précise vaut mieux qu’une heure de lecture : posez-nous la vôtre, nous y répondons en rendez-vous.
Décrire mon tatouageSourcils, lèvres, eye-liner : la couleur avant tout le reste
Voici le point sur lequel il ne faut pas passer vite. Parmi les complications relevées pour le détatouage laser figure l’assombrissement de certaines encres, et l’avis précise lesquelles : surtout les tatouages cosmétiques rouges, marrons et blancs. Ce sont exactement les teintes du maquillage permanent.
Le laser se choisit d’ailleurs en fonction de la couleur du pigment et du type de peau, ce qui fait de la teinte une donnée technique, pas un détail de coquetterie. La question se pose donc avant la première séance, pas au moment de constater un résultat : quelles couleurs ont été déposées, en combien de passages, par qui. Et ce que la partie du visage traitée change se discute dans la foulée, un contour de lèvre et une queue de sourcil n’étant pas la même conversation.
Un acte médical, même quand il s’agit de sourcils
Puisque le maquillage permanent est un tatouage, son retrait par laser tombe sous la même règle : l’arrêté du 6 janvier 1962 réserve aux docteurs en médecine toute abrasion instrumentale des téguments réalisée avec un matériel susceptible de provoquer l’effusion du sang. Ni un institut, ni un salon, ni la personne qui a posé le pigment ne peuvent pratiquer ce retrait.
L’avis décrit d’ailleurs les praticiens de ce domaine comme des professionnels de santé, quasi exclusivement des dermatologues, mais aussi des médecins esthétiques et des chirurgiens plasticiens, exerçant en établissement de santé ou en cabinet médical libéral. C’est le même cadre que pour la démarche de retrait elle-même sur n’importe quelle autre partie du corps, sans exception pour le visage.
Ce qu’on prépare avant le rendez-vous
Rassemblez ce que vous avez : la date de la prestation, le nom de la teinte si vous l’avez noté, une photographie du résultat au moment où il a été posé, la liste des retouches. Ces éléments valent mieux qu’une description de mémoire, et ils font gagner du temps à votre consultation.
Signalez aussi votre situation médicale, sans attendre qu’on vous la demande. L’avis nomme des contre-indications classiques : la grossesse, les troubles graves de la cicatrisation ou de la coagulation, et les mineurs non accompagnés de leurs parents. Cette liste n’est d’ailleurs pas la seule du document, l’annexe technique en ajoutant une autre, propre au laser. Raison de plus pour laisser le médecin faire ce tri devant vous.
Un maquillage permanent est un tatouage, déposé plus profond que ce qu’il aurait fallu pour s’effacer, et son retrait appartient à un médecin. Les couleurs cosmétiques rouges, marrons et blanches sont celles qui demandent le plus de prudence : c’est la première information à nous donner, avant même de parler du reste.